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Le mythe des plantes brûlées par le soleil démenti

Le dimanche 13 juin 2010


 

Une très ancienne croyance chez les jardiniers, selon laquelle le fait d’arroser des plantes ou la pelouse sous la chaleur du soleil de la mi-journée pouvait les brûler, a été réfutée par des scientifiques.

C’est un conseil que l’on retrouve partout et respecté par des générations de jardiniers : il ne faut jamais arroser vos plantes ou gazon sous la chaleur du soleil en pleine journée.

Mais une nouvelle recherche, publiée dans New Phythologist [1], contredit cette croyance bien ancrée dans les esprits. Une équipe de physiciens, troublés par le manque de preuves scientifiques du phénomène (tout comme celui de la lune), se sont lancés pour tester la théorie selon laquelle les gouttes d’eau sur les feuilles et les herbes agiraient comme de minis lentilles grossissantes, en concentrant les rayons du soleil sur la surface des plantes pour la brûler.

En utilisant un modèle informatique tout comme des tests en grandeur réelle sur des feuilles, les chercheurs déclarent qu’ils ont définitivement mis la théorie au rencart.

Ils ont découvert que les gouttes d’eau à la surface des feuilles n’étaient pas capables de concentrer suffisamment d’énergie du soleil pour endommager les feuilles avant que l’eau se soit évaporée.

Le scénario serait seulement probable sur certaines plantes tropicales, avec des feuilles à poils où les gouttelettes se situent suffisamment loin de la surface pour pouvoir causer une brulure. Mais les feuilles avec des petits poils tendent à faire glisser les gouttes d’eau, ainsi les gouttelettes seraient peu susceptibles de rester assez longtemps sur les feuilles pour pouvoir les endommager.

Le Dr Gabor Horvath, qui a dirigé l’étude à l’Université Eötvös de Budapest en Hongrie, déclare : "Ce problème n’avait été traité que par des amateurs, des jardiniers ou des profanes, qui ne pouvaient que spéculer sur le sujet. La conséquence est que ce mythe a duré. Nous pensons que des types d’événements, sans aucun rapport avec ce qui nous intéresse, ont pu être en partie responsables de cette croyance largement répandue à propos du soleil brulant les feuilles à cause des gouttes d’eau."

"Par exemple, des gouttes de pluies acides, de mer salée ou d’eau du robinet, d’eau chlorée et des solutions concentrées de fertilisants ou autres éléments chimiques, peuvent tous causer des taches brunes ressemblant à une brulure du soleil. Les plantes peuvent aussi souffrir de certains types de stress physiologiques comme mettre de l’eau glacée sur des feuilles très chaudes."

Le conseil de ne pas arroser des plantes et pelouses sous un soleil de plomb est fort répandu. On le retrouve dans pratiquement tous les manuels d’horticulture.

Cependant, les simulations informatiques des chercheurs sur le comportement de réfraction des gouttelettes d’eau, et de concentration des rayons du soleil durant la journée, ont trouvé que les périodes les plus probables pour le coup de soleil étaient tôt le matin ou en fin d’après midi, quand le soleil est plus faible, plutôt qu’en pleine journée quand il est au plus haut et le plus chaud.

Lorsque les gouttes d’eau étaient placées sur des feuilles d’érables et de Ginkgo biloba, qui étaient en plein soleil à différentes heures de la journée jusqu’à ce que l’eau se soit évaporée, ils n’ont trouvé aucune trace de brûlure.

En tant que contrôle, d’autres feuilles ayant des verres placés juste devant ont souffert de sévères brûlures. Une bille de verre agit comme une plus forte lentille qu’une goutte d’eau.

Dans un troisième test, les chercheurs ont utilisé des feuilles provenant d’une fougère aquatique avec des poils à sa surface. Les gouttelettes formaient des sphères dans les poils au-dessus de la surface de la feuille, ce qui concentrait les rayons du soleil et causait des brûlures après environ deux heures.

Le Dr Horvath pense qu’il y a d’autres raisons plus convaincantes que cette croyance pour ne pas arroser les plantes durant une chaude journée d’été. Il déclare : "l’eau s’évapore rapidement de la surface du sol, et elle ne peut donc pas être utilisée efficacement par les plantes et gazon."


Notes

[1] Optics of sunlit water drops on leaves : conditions under which sunburn is possible. New Phytologist. Vol 185, Iss 4, Mar 2010, pp 979-987.


 
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