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Les théories de la psychologie populaire sur l’estime de soi sont médiocres

Le mercredi 2 mars 2011


 

Une faible estime de soi est associée à un risque plus élevé de problèmes de santé mentale, tels que troubles de l’alimentation ou dépression. Du point de vue de la santé publique, il est important pour le personnel de différentes professions de la santé, d’être mieux informe sur l’estime de soi. Cependant, une recherche de l’Université de Göteborg révèle qu’il y a une grande différence entre la connaissance qui repose sur des recherches scientifique de l’estime de soi, et les théories simplifiées de la psychologie populaire qui se répandent dans les livres ou les échanges pour se motiver.

Les livres de psychologie populaire actuels font la distinction entre l’estime de soi et la confiance en soi. On croit aussi qu’il est possible d’améliorer l’estime de soi sans qu’il y ait un lien avec la perception que les gens ont eux-mêmes de leur compétence dans des domaines qu’ils considèrent comme importants.

Ceci est en total désaccord avec les résultats d’une nouvelle étude, dirigée par le chercheur Magnus Lindwall du Département de Psychologie de l’Université de Göteborg, et ses collègues du Royaume-Uni, de Turquie et du Portugal [1].

"Je pense qu’il est important que les gens aient une idée plus équilibrée de ce qu’est réellement l’estime de soi" dit Lindwall. "Nos résultats montrent que l’estime de soi est généralement associée le plus fortement à la perception que les individus ont de leur compétence dans des domaines qu’ils considèrent comme importants."

L’autre face de la pièce est que les chercheurs montrent que les gens sont les plus vulnérables à une faible estime de soi quand ils échouent, ou se sentent moins compétents dans des domaines qui sont importants à leurs yeux.

"L’estime de soi est aussi intimement associée à la confiance en soi et à la compétence perçue dans différents domaines, principalement ces domaines qu’une personne considère comme étant importants" dit Lindwal.

L’étude s’est construite sur l’une des théories dominantes dans le domaine, développée il y a une centaine d’années environ par le philosophe Américain William James. Elle établit que l’estime de soi est en fait le résultat de la réussite perçue, ou de la compétence, dans un domaine proportionnellement à l’importance qui lui est accordée.

Cette étude a impliqué 1831 étudiants provenant de quatre pays, en se focalisant spécifiquement sur l’auto-perception du corps, par exemple, et si les sujets se percevaient eux-mêmes comme forts et en forme, et s’ils pensaient que leurs corps étaient attirants. "Les résultats ont montré que la perception de son corps, principalement dans ces domaines qui étaient considérés comme importants, est associée à l’estime de soi générale" dit Lindwall.

"En général, notre étude, avec beaucoup d’autres recherches dans le même domaine, donne une image complètement différente et plus compliquée de l’estime de soi que ce qu’on trouve dans les livres de psychologie populaire à grands tirages" dit Lindwall. "Ces livres reposent souvent sur les propres expériences et anecdotes d’une personne, plutôt que sur de la recherche systématique. L’estime de soi n’est pas aussi simple que cela, sinon l’intérêt porté au concept ne serait pas si grand."

- Les nouveaux psys : Ce que l’on sait aujourd’hui de l’esprit humain. Collectif.


Notes

[1] The Importance of Importance in the Physical Self : Support for the Theoretically Appealing but Empirically Elusive Model of James. Magnus Lindwall, F. Hülya Aşçı, Antonio Palmeira, Kenneth Fox, Martin Hagger. Journal of Personality.


 
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