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Pourquoi les enfants demandent "pourquoi ?" ?

jeudi 26 novembre 2009
Mots clés : connaissance enfants

Les "pourquoi" incessants des enfants n’ont pas pour objet de seulement exaspérer les parents, expliquent les scientifiques. Au lieu de cela, les questionnements des enfants sont de réelles tentatives pour connaitre la vérité, et les bambins réagissent mieux à certaines réponses qu’à d’autres.

Ces explications, basées sur une étude en deux parties impliquant des enfants âgés entre 2 et 5 ans, suggèrent aussi qu’ils sont plus actifs vis-à-vis de leur "quête de connaissance" qu’on ne le pensait.

"Même quand ils commencent à poser très tôt des questions sur ces "comment" et "pourquoi", ils les posent pour obtenir des explications" explique le chercheur Brandy Frazier de l’Université du Michigan.

Et ils ont trouvé que quand les explications leur convenaient, les petits fouillaient plus loin. "Les enfants ont un rôle plus actif dans l’apprentissage du monde qui les entoure que nous le pensions" dit Frazier. Les résultats, publiés dans le journal Child Development [1] ne peuvent cependant pas être généralisés à tous les enfants car les échantillons étaient trop petits.

Drôles de discussions

Des recherches préalables des années 1900, sur le développement des enfants, avaient suggéré que les jeunes enfants n’étaient pas conscients des relations temporelles entre deux événements, et qu’ils ne pouvaient pas différencier la cause de l’effet avant l’âge de 7 ou 8 ans. Des travaux plus récents ont suggéré autrement : à 3 ans ils pouvaient comprendre la causalité.

Ce qui manquait à ces études, c’étaient les réactions des enfants vis-à-vis de l’information qu’ils obtenaient suite à leurs questions causales.

Pour comprendre les réponses des enfants aux différentes questions, Frazier et ses collègues ont examiné les transcriptions de conversations de tous les jours d’enfants entre 2 et 4 ans qui parlaient avec leurs parents, avec des frère et sœurs et des visiteurs à la maison. Avec seulement six enfants, les chercheurs ont analysé les transcriptions, plus de 580, comme unité d’analyse. Il y avait plus de 3100 questions causales "comment" et "pourquoi" telles que "pourquoi mon ventre est si gros, maman ?", "pourquoi on ne laisse pas allumé ?" et "comment les serpents peuvent-ils entendre s’ils n’ont pas d’oreilles ?"

Les résultats ont montré que les enfants étaient deux fois plus susceptibles de reposer leur question s’ils n’avaient pas eu de réponse explicative, que s’ils en avaient obtenu une véritable. Et quand ils avaient eu une réponse, ce qui était le cas 37% du temps, ils étaient plus de quatre fois plus susceptibles de repartir sur une demande suivante, que s’ils avaient reçu une réponse non explicative.

Les résultats préliminaires d’une autre étude de Frazier suggèrent qu’il y a trop d’information dans une réponse. "C’est comme si les enfants avaient un niveau optimal de détails qui les intéressent" dit Frazier.

Drôles d’objets

L’autre partie de l’étude se faisait en laboratoire, et impliquait 42 enfants âgés de 3 à 5 ans, qui discutaient en étant occupés avec des jouets, des livres et des vidéos. Les objets étaient réalisés pour créer des situations de surprise génératrice de questions. Par exemple, on montrait aux enfants une boite de crayons tous rouges, un puzzle avec une pièce qui ne rentrait pas, et un livre d’histoires décrivant un enfant qui arrosait ses céréales de jus d’orange.

Les adultes qui montraient chaque objet aux enfants avaient certaines réponses explicatives et d’autres non explicatives. Comme on s’y attendait, les enfants ont posé des questions sur le scénario avec le jus d’orange : "pourquoi fait-il cela ?" Les adultes devaient répondre en expliquant : "il pensait que c’était du lait dans la bouteille" ou une non explication : "j’aime mettre du lait dans mes céréales."

Ils ont trouvé des différences significatives dans les types de réactions face aux réponses explicatives, contre celles qui n’expliquaient rien. Dans presque 30% du temps, les enfants étaient d’accord, inclinaient la tête ou disaient "oh" après avoir reçu une vraie explication, comparés aux 13% du temps où ils n’ont pas eu d’explication.

Pour ces non réponses, dans plus de 20% du temps, les enfants ont reposé la question. Seuls 1% des enfants ayant reçu une explication ont fait de même.



 
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