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Il ne faut pas juger un chat à sa couleur

dimanche 4 novembre 2012
Mots clés : animaux couleur influence stéréotype

Tout comme les êtres humains, les chats domestiques sont souvent jugés sur leur couleur, et les médias ou le folklore perpétuent ces stéréotypes. Prenez ce chat blanc à poils longs, hautain et insociable qui fait la publicité de ce pâté de luxe pour chats, et ces étranges photos de chats noirs qui peuvent être associées à la malchance et aux sorcières, surtout à l’approche d’Halloween…

Une chercheuse de l’Université de Californie s’est penchée sur le lien entre la façon dont la couleur des chats influençait les taux d’adoption. Elle a enquêté 189 personnes qui avaient des chats comme animaux domestiques et a trouvé qu’ils étaient plus susceptibles de donner des traits de personnalité positifs aux chats roux, et des moins favorables aux chats blancs ou tachetés. Les chats roux étaient ceux qui étaient considérés comme les plus amicaux, les chats blancs comme insociables et les tachetés ou mouchetés comme intolérants.

Ses résultats, publiés dans le journal Anthrozoos [1] expliquent que ces différents rôles félins appliqués aux chats peuvent avoir un impact négatif sur les taux d’adoption et les refuges animaux.

"À ce jour, il y a peu de preuves qui montrent que ces différences perçues entre les chats de couleurs différentes existent réellement, mais il y a de sérieuses répercussions pour les chats si tout le monde se met à croire que des chats d’une certaine couleur sont plus amicaux que d’autres" dit Mikel Delgado, auteure de l’étude.

"Nous espérons que cette étude constituera un point de départ pour d’autres recherches qui montreront quelles sont les qualités qui affectent l’adoption des chats domestiques, et s’il existe vraiment une base génétique ou physique (telle que la couleur du pelage) pour ces différences de personnalité entre les chats" ajoute-t-elle.

De nombreux chats sont abandonnés parce que leurs personnalités s’opposent aux attentes de leurs maîtres. Une étude de 2002 avait trouvé qu’un chat sur quatre est apporté en refuge parce que ça ne va pas avec son maitre ou avec les autres animaux domestiques. L’une des plaintes les plus fréquentes est qu’ils sont "trop actifs". Cette étude avait aussi trouvé que les chats sombres étaient plus susceptibles d’être euthanasiés, et que les chats mouchetés étaient souvent considérés comme ayant trop de personnalité.

"Une recherche antérieure confirme l’existence d’un "syndrome du chat noir", où les chats noirs ou bruns sont moins souvent adoptés que les chats des autres couleurs" dit Delgado. "Nous voulions savoir si la perception des gens sur les interactions entre la personnalité et la couleur du pelage pouvait jouer un rôle actif".

Pour établir un lien entre la façon dont les couleurs des chats influencent les taux d’adoption, les chercheurs ont utilisé les petites annonces pour recruter un échantillon national de propriétaires et d’amoureux des chats. On a demandé aux participants d’évaluer, sur une échelle allant de 1 à 7, les personnalités des chats noirs, blancs, bicolores, tricolores (tachetés ou calico) et roux à partir de leur tendances à être actifs, inamicaux, effrontés, calmes, amicaux, intolérants, timides, têtus, tolérant et dressables.

Alors que la plupart des personnes interrogées ont dit que la personnalité de l’animal était à la base de leur décision d’adopter un chat ou non, les caractéristiques qu’ils ont appliquées aux chats à partir de la couleur de leur pelage indiquaient que la couleur jouait un rôle, consciemment ou inconsciemment, dans leur choix final du chaton qu’ils décidaient de rapporter à la maison.

En général, les chats roux et bicolores étaient caractérisés comme amicaux, alors que les chats blancs, noirs et de trois couleurs étaient regardés comme plus antisociaux. Les chats blancs étaient considérés comme plus timides, fainéants et tranquilles, alors que les chats mouchetés étaient plus souvent dépeints comme plus intolérants et dressables. Les chats noirs étaient caractérisés comme ayant des traits de caractère moins extrêmes, ce qui pourrait contribuer à leur mystérieuse réputation.

À la Société Humaine de Berkeley, la coordinatrice des chats, Cathy Marden, est très familière avec la psychologie impliquée dans l’adoption des chats. Les membres du personnel et les volontaires là-bas essayent de briser ces stéréotypes à chaque occasion, dit-il, et les descriptions de chaque chat notées sur les cages d’adoption mettent en lumière leurs caractéristiques individuelles.

"Vous ne pouvez pas juger un chat sur la couleur" dit-elle. "Si quelqu’un vient pour adopter, nous l’encourageons à passer du temps avec tous les chats, parce que c’est la personnalité de ce chat, et non sa couleur, qui permettra de savoir si l’animal vous correspond". Les réactions vis-à-vis des chats noirs peuvent être si fortes, dit-elle, qu’il y a peu d’adoptions dans le refuge quand il y a plus que quelques chats noirs dans la pièce d’adoption.


Notes

[1] Delgado, M., Munera, J., & Reevy, G. (2012). Human perceptions of coat color as an indicator of domestic cat personality. Anthrozoös, 24(4).


 
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